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Le français, une langue qui vient de loin…

Pour de nombreux étudiants venir apprendre le français en France c’est aussi prendre contact avec un pays, sa culture et donc son histoire. Nos amis de Bien dire partagent avec nous cet article de qualité qui vous proposera quelques repaires historiques pour mieux comprendre les origines de la langue française.

On dit souvent des Français qu’ils sont chauvins, qu’ils font peu d’efforts pour apprendre les langues étrangères et qu’ils vivent encore dans l’idée que la langue française devrait être une langue internationale.

S’il y a une part de vrai dans tout cela, elle est due en partie aux évolutions du français, à sa riche histoire lexicale et à sa gloire quelque peu ternie par le temps. Les origines du français tel que nous le parlons aujourd’hui sont discutées : beaucoup d’amoureux de la langue française aimeraient pouvoir la décrire comme une langue pure et intellectuelle. Or, ce sont les influences de bien des cultures qui ont abouti à ce que d’autres appellent aujourd’hui la « langue de Molière».

De la Gaule au territoire des Francs

C’est dans l’Histoire tout entière de l’Europe que l’on trouve les éléments permettant de retracer les premiers pas du français contemporain. Ses racines latines nous viennent ainsi des conquêtes romaines dès 52 avant J.-C. grâce auxquelles le latin de Jules César se mêle aux langues gauloises de l’époque.

Plusieurs siècles plus tard et après le passage de bien des peuples en Gaule, viennent s’ajouter à ces bases les influences germaniques et celtiques des pays nordiques. Au IVe siècle, les racines d’une langue propre au territoire français se dégagent : c’est ce que l’on appelle aujourd’hui l’ancien français ou « roman». Il n’est alors parlé que par les couches les plus aisées de la population, surtout autour de Paris et d’Orléans, puis par les rois de France. Au cœur de cette langue naissante, on trouve une majorité de mots « romans», mais aussi occitans, germaniques et arabes.

Le territoire français et ses «Francs» (on ne parle pas encore des « Français ») n’adoptent pas une seule et même langue dans l’immédiat. Ce sera un processus long et fastidieux que les monarchies successives ne souhaitent surtout pas accélérer. Le peuple est majoritairement illettré et le garder dans cet état docile est arrangeant. Chaque région a alors un « patois » local composé de différentes racines en fonction des cultures et des pays voisins : il existe alors entre six cents et sept cents langues en usage ! Le latin demeure la langue de l’écrit, mais surtout la langue de la religion. Auprès de la population, l’Église joue un rôle important dans la diffusion de la langue française, dite «vernaculaire », car c’est elle qui est en charge de l’éducation. Elle gardera cette fonction encore longtemps.

 

De Hugues Capet à François Ier, le français s’impose

Au Xe siècle, plusieurs groupes de langues se dégagent sur le territoire de France : les langues gallo-romanes se divisent en deux groupes avec au Nord, les langues d’oïl, comme le picard, le normand et le champenois, et au Sud, les langues d’oc comme le gascon et le provençal, aux influences romanes plus profondes. Viennent s’ajouter à ces deux groupes des langues non romanes aux racines variées, comme le breton (celtique), l’alsacien (germanique) et le corse (italique).

Hugues Capet, couronné roi de France en 987, est le premier souverain à ne s’exprimer que dans la langue vernaculaire d’oïl, c’est-à-dire en « français ». C’est le besoin de diffuser les lois et les textes religieux (dont la Bible) qui pousse par la suite à la promotion de la langue française dans tout le pays. Cela est grandement facilité par les progrès de l’imprimerie au XVe siècle et la Renaissance du XVIe siècle.

Des décrets royaux bannissent le latin en faveur du français pour fixer la «langue du roi ». Le décret le plus notable, l’ordonnance de Villers-Cotterêts de François Ier en 1539, impose la rédaction en langue française de toute procédure judiciaire et de tout arrêt de justice. L’heure de gloire du français est bien là : progressivement, le français classique s’installe et rayonne dans toute l’Europe, à l’image de l’anglais aujourd’hui.

La puissance de la monarchie, la création de l’Académie française par Richelieu en 1653 et l’influence de la culture française repoussent les frontières et font du français la langue de l’aristocratie, des intellectuels et de la diplomatie dans une grande partie de l’Europe, jusqu’en Angleterre où la plupart des reines viennent… de France (Marguerite de Valois, Aliénor d’Aquitaine, etc.)

 

Avec l’école laïque, le peuple va parler français


Une véritable implantation du français dans les chaumières demande pourtant un réel bouleversement social. Il existe toujours le « français des élites » et le « français des campagnes» : au XVIe siècle, seuls 5 % de la population française parle le français, pour un analphabétisme tournant autour des 99 %. Certes, le siècle des Lumières (XVIIIe siècle) apporte quelques progrès avec la publication de livres et de journaux.L’ Académie française innovera aussi beaucoup à cette époque-là en modifiant l’orthographe pour établir celle que nous connaissons aujourd’hui. Elle supprimera par exemple les « s » muets internes et les remplacera par des accents aigus, graves ou circonflexes.

Malgré tout, on ne parle alors français que sur 12 % du territoire.

Ce n’est qu’au XIXe siècle, après la Révolution française et le renversement de la monarchie, que l’école connaît de réels progrès, avec notamment les lois de Jules Ferry, ministre de l’Instruction entre 1879 et 1885. Elles rendent l’école gratuite, donc accessible à tous, laïque (la retirant des mains de l’Église) et surtout obligatoire jusqu’à l’âge de 13 ans. Les enfants sont alors obligés de se rendre à l’école et d’apprendre le français moderne. Pour la première fois, on associe la notion de langue commune à celle d’une nation unie.

Pour beaucoup, il s’agit en revanche d’une politique de « génocide culturel » : les patois sont en effet condamnés par ces pratiques radicales, et les jeunes écoliers subissent les techniques de culpabilisation de la part d’un gouvernement qui cherche à détruire les parlers locaux.

Les différentes racines de la langue française semblent ainsi avoir disparu aujourd’hui. Disparu ?

Pas vraiment. Les accents que l’on aime entendre d’une région à l’autre et le patois que certains français utilisent sans être forcément compris par leurs compatriotes venant d’autres régions : voilà les vestiges de ces langues (presque) oubliées que certains s’évertuent aujourd’hui à faire renaître. Depuis quelques décennies, les langues régionales sont remises à l’honneur et se transforment même parfois en outils de revendication identitaire comme en Corse, en Bretagne ou au Pays basque.

Cet article vous est proposé par les éditions entrefilets dans le cadre du partenariat avec Azurculture et nous vous invitons à découvrir d’autres articles de qualité dans le magazine biendire de ce mois çi

 

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6 commentaires pour “Le français, une langue qui vient de loin…”


  1. roberta says:

    moi j’aime le provençale aussi c’est très beau :)

  2. Gabriela says:

    J’ai aimé l’article!! C’est très intéressant observer les changements des langues!

  3. Jef says:

    Êtes vous certains que la scolarité ait été obligatoire jusqu’à 16 ans au XIX ème siècle ?

  4. yann says:

    Je vais vérifier demain Jef :)

  5. madi says:

    bonjour

    je suis une Enseignante en littérature francise en Algérie si vous pouvez m aider sur l histoire de la langue française c est a dire l origine de la langue française



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